Correspondance, Littérature

Que Sa volonté soit faite

9782204094245« LETTRE 476

« Montfriloux », le 3 septembre 1978

Ta dernière lettre […] confirme tout ce que je pense et tout ce que je trouve dans l’Évangile et la prière à propos de l’urgente réformation qui doit s’opérer chez moi. Cela fait vingt ans (!) que cette réforme-là traîne. Et beaucoup d’aspects de ma vie passée commencent à s’éclairer à la lumière d’aujourd’hui. C’est certainement une grande grâce qui m’est faite de connaître mon état (sous le regard de Dieu). J’ai vécu trop longtemps dans l’ignorance (semi-volontaire) et le refus. Ma deuxième conversion, il y a quatre ans, n’a été que partielle : elle portait principalement sur la Foi et le retour à Dieu par Jésus-Christ. Intelligence et cœur. Mais la volonté ? Mais le changement de comportement, de mœurs ? Mais l’abandon, la confiance que Dieu peut changer le pécheur, réellement ?

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Notes

Charles Juliet, du moi au soi

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© Photographie de Ulf Andersen (2017)

La directrice de la collection Qui donc est Dieu ? des éditions Bayard, Claude Plettner, a posé ladite question à Charles Juliet. D’abord, remarque l’écrivain, l’énoncé présuppose l’existence de Dieu, or elle ne va pas de soi et, à vrai dire, l’homme ne croit pas en Dieu. Ou, plus justement, il ne croit pas au Nom de Dieu. « Dieu » n’est rien de plus pour lui qu’une « création de l’homme » (p. 15) et rien de moins qu’un vocable permettant de désigner un concept, qu’il nomme le « soi » (doit-on mettre une majuscule ?) et qui est un état d’être, rendu possible par une exigence spirituelle sans faille. Dès lors, vivre une expérience spirituelle, « c’est effectuer ce long périple qui mène du moi au soi, de l’ignorance à la connaissance, de l’égocentrisme à l’amour. » (p.17) ; un périple qui passe par une destruction progressive de tous nos acquis identitaires, jusqu’à la mort de ce prédateur que nous abritons en notre sein, puis à la naissance d’un homme nouveau, débarrassé de tout instinct primaire et qui, enfin, peut s’ouvrir au « murmure intérieur » (p. 37). Ainsi, le soi de Charles Juliet préexiste en nous dès notre naissance. Il s’agit donc de se « clarifier » (p. 58), pour le faire advenir en plénitude. Dans un court ouvrage désormais épuisé chez l’éditeur (non référencé sur la page Wikipédia de son auteur, et proposé à des prix défiant toute logique par des personnes qui, manifestement, n’ont jamais débuté le chemin spirituel dont il est question ici), l’homme nouveau se raconte. À défaut d’être convaincant, ou même subtil, ce texte hanté par l’absence de présence réelle met en exergue l’énergie prodigieuse que nous pouvons dépenser lorsque, déçus de ne pas avoir été touchés par Dieu, nous Lui refusons notre amour.

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