Théologie

Toute… oui !

image« La réponse de Marie, à laquelle maintenant nous parvenons, se développe en trois temps. La première réaction au salut de l’ange est faite de trouble et de réflexion. Sa réaction est différente de celle de Zacharie. De lui, on rapporte qu’il se troubla et que « la crainte fondit sur lui » (Lc 1,12). Dans le cas de Marie, au début la même parole est utilisée (elle fut troublée), toutefois ensuite il n’y a pas de crainte, mais une réflexion intérieure sur la salutation de l’ange. Marie réfléchit (entre en dialogue avec elle-même) sur ce que signifie le salut du messager de Dieu. Déjà ici émerge ainsi un trait caractéristique de l’image de la Mère de Jésus, un trait que nous rencontrons dans l’Évangile à deux autres reprises dans des situations analogues : l’intérieur se confronte à la parole (cf. Lc 2, 19, 51). Elle ne s’arrête pas au premier trouble devant la proximité de Dieu par son ange, mais elle cherche à comprendre. Marie apparaît donc comme une femme courageuse qui, même face à l’inouï, maintient sa maîtrise d’elle-même. En même temps, elle est présentée comme une femme de grande intériorité, qui tient ensemble le coeur et la raison et cherche à comprendre le contexte, l’ensemble du message de Dieu. De cette façon, elle devient image de l’Église qui réfléchit sur la parole de Dieu, qui cherche à la comprendre dans son ensemble et en conserve le don dans sa mémoire.

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Théologie

De la prière

51MNRj3r4cL« Quand tu pries, essaie de prier davantage pour les autres que pour toi-même, et durant la prière, représente-toi d’une manière très vive tous les hommes unis à toi comme en un même corps, et chacun en particulier comme membre du Corps du Christ et ton propre membre, car nous sommes membres les uns des autres (Ep 4,25). Prie pour tous comme tu prierais pour toi-même, avec la même sincérité, la même ferveur ; regarde comme tiennes leurs souffrances et leurs misères ; regarde comme tiennes leur ignorance spirituelle, leurs fautes et leurs passions ; comme tiennes leurs tentations, leurs peines, la multitude de leurs souffrances. Une telle prière sera en grande faveur auprès de notre Père du ciel, notre commun Père à tous, Père de toute bonté, qui ne fait pas acception des personnes (Rm 2,11), qui ne connaît pas de variations (Jc 1, 17), dont l’amour sans limites embrasse et protège toute créature.

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Théologie

Jésus, ce Dieu apolitique

sdr« Nous allons arriver maintenant à des textes qui rapportent des paroles de Jésus lui-même, et que les exégètes considèrent comme vraisemblablement authentiques. Autrement dit, il ne s’agit plus d’une interprétation venant du milieu des premiers chrétiens, mais effectivement de l’expression des prises de position de Jésus (dont, évidemment, l’attitude de ces premiers chrétiens allait découler). Il y en a cinq principales. Et, bien entendu, la première est le célèbre Rendez à César. Je rappelle brièvement l’histoire (d’après Marc XIII, 13 sq). Les adversaires de Jésus essaient de le « surprendre », et ce sont des partisans d’Hérode qui viennent poser la question : Après lui avoir fait des compliments sur sa sagesse, on lui pose la question : « Faut-il payer l’impôt à l’empereur ? » « Est-il permis ou non de payer le tribut à César ? Devons-nous payer, ou ne pas payer. » Or, la question elle-même est déjà éclairante : ils cherchent, dit le texte, à le prendre au piège « par ses propres paroles ». Et s’ils lui posent cette question-là, c’est que le débat a déjà eu lieu. C’est-à-dire que la réputation de Jésus est qu’il est hostile à César ! Il a dû courir des histoires sur lui selon lesquelles il recommandait de ne pas payer les impôts, pour que l’on vienne lui demander justement cela, afin de pouvoir l’accuser devant les Romains. Jésus s’en tire, comme très souvent, par une réponse ironique.

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Théologie

La Colère aimante de Dieu

9782740308219-475x500-1« L’impureté fondamentale de la question de Job, et qui se glisse jusque dans le cœur de ces saintes âmes, c’est de prêter à Dieu une responsabilité infinitésimale dans l’éternité de l’enfer. « Il pourrait s’Il voulait… » et à partir de là nous avons du mal à comprendre qu’Il est totalement innocent de tout, absolument de tout, même de l’éternité de l’enfer : innocent comme l’enfant désarmé dont Il a voulu prendre le visage, impuissant comme celui-ci en face d’un refus implacable. Une fois nettoyés de l’illusion qui nous fait reporter sur Dieu une part de responsabilité, fût-elle infime, dans ce malheur que l’amour n’accepte pas et ne pourra jamais accepter, notre révolte devant le Mal ne disparaîtra pas puisqu’elle vient de l’amour, elle se portera seulement et purement sur les vrais responsables… et alors nous comprendrons la Colère de Dieu, qui est au fond la colère même de Job trouvant enfin son vrai point d’application.

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Théologie

L’insoutenable douceur du Crucifié

41yEFlqeEpL._SX301_BO1,204,203,200_« Il ne faut pas confondre la peur de la souffrance et le refus de la souffrance. Le refus est une fermeture du cœur, lequel refuse alors aussi bien la joie, la vie, le bonheur… parce qu’il faudrait se donner. Le refus de la souffrance est une révolte qui peut très bien s’exercer alors même qu’on n’a pas peur du tout. Par exemple Pierre a toujours refusé la Croix du Christ, il s’y est opposé violemment… jusqu’au moment où il a eu peur, a trahi et s’est effondré. Vous voyez que la peur est moins dangereuse que le refus…

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