Cinéma, Télévision

Quand la main gauche éclipse la main droite : le démon du génie

31EyKavfkdL._SX327_BO1,204,203,200_« … Et le ciel se retira alors comme un programme qui cesse d’émettre. On ne fait pas impunément l’ésotérique de la télévision. On ne se confronte pas impunément au réceptacle de la magie noire le plus puissant de son époque comme ça, en passant, comme si de rien n’était, sans y laisser quelques plumes, le cœur de son cœur ou l’amour de sa vie, basculé sur l’aile enténébrée de l’Ange… L’art est dangereux.

Si la dernière image de Fire Walk with Me est celle de la transfiguration de Laura Palmer, le dernier mot prononcé est et reste « Garmonbozia », un mot imaginaire, le seul de toute l’épopée. Il est alors sous-titré à l’image : « douleur et chagrin ». Le Garmonbozia, c’est la monnaie de la Loge. C’est ce que Bob doit puiser dans le cœur de ses victimes pour le donner à son « opposé », Mike, et à leur « supérieur » : l’Homme d’un Autre Endroit. La douleur et le chagrin nourrissent les agents du centre contre-initiatique. Et c’est sans surprise que nous apprenons, malgré la parousie finale du film, que Lynch sortira complètement abattu d’une oeuvre dont il était si fier. Les critiques seront désastreuses ; les entrées au cinéma peu nombreuses ; l’histoire s’arrêtera là. Mais surtout, rien ne sera jamais plus pareil. Du style de l’artiste à ses conditions de réception, tout sera triste désormais.

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