Chaque homme dans sa nuit

410Q7KKBWHL._SX195_« Chacun habite une cabine à soi seul, de son voisin isolé comme par des milliers de kilomètres. Je l’ai vu crier à l’intérieur, je l’ai vu appeler, supplier, se mettre à genoux. Mais toute voix restait inentendue. Cabines massivement comprimées dans le métro, par exemple. Les amoureux mêmes ne se touchent pas, ne s’entendent pas. Dans les couloirs, des centaines, des milliers de cabines en mouvement qui se croisent, qui se frôlent, qui glissent les unes à côté des autres.

Aucune main ne peut s’étendre vers une autre.

À l’air libre, c’est la même chose. On s’y asphyxie.

Un peuple de cabines.

C’est cela être moderne. »

p. 52


Brisants, Vincent La Soudière (2003)

Éditions Arfuyen, collection Les Cahiers d’Arfuyen. 127 pages.
ISBN : 978-2845900295

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