Ecclésiaste 1:4

La-terre-demeure« Plus loin, il longea les bâtiments en briques rouges de l’université de Colombia et s’arrêta devant la haute cathédrale. Elle était inachevée et le resterait. Il poussa la porte et entra. Une seconde il eut l’horrible pensée que la nef serait pleine des cadavres de fidèles réunis là pour passer leurs dernières heures en prières. Mais ses craintes étaient vaines. Il s’engagea dans un bas-côté et visita l’une après l’autre les petites chapelles de l’abside où Anglais, Français, Italiens et autres de cette cité polyglotte et grouillante s’étaient agenouillés pour prier. Le soleil ruisselait à travers les vitraux. C’était aussi beau que dans son souvenir. Il eut un désir éperdu de tomber à genoux au pied de l’un de ces autels.

« Il n’y a pas d’athées dans un trou d’obus », se dit-il, et qu’était le monde maintenant sinon un immense trou d’obus. Mais les événements n’étaient pas de nature à démontrer que Dieu s’intéressait particulièrement  aux hommes, masses ou individus. Il redescendit par l’allée principale et, avant de sortir, il se retourna pour contempler la nef et se pénétrer de sa beauté. Il se sentait la gorge serrée. C’en était donc fini des luttes et des aspirations de l’homme… »


p. 93 à 94

Earth Abides (La Terre demeure), George R. Stewart (1949)

Éditions FAGE, collection Particulière. 320 pages.
ISBN : 978-2849754924

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close