La sévérité de la grâce ou la sainteté récusée

51sq+gbctYL._SX335_BO1,204,203,200_« Souffrir – c’était tout ce qu’il pouvait faire. Il n’y a eu qu’un saint, d’ailleurs, et il était inimitable. Un grand signe apparut devant ses yeux et s’effaça, la figure sanglante d’un homme qu’on frappait, qui étendait les bras. Il y avait de quoi rire. Une voix lui disait : « Ça ne vaut rien, ce que tu sais faire. Souffrir ? … Si tu ne le fais pas pour quelque chose, pour quelqu’un, si tu n’y es pas autorisé… « 

Voilà donc ce qui lui manquait, ce qui lui avait toujours manqué : être autorisé. Il avait perdu son temps. Il ne serait même pas un saint négatif, il ne lui serait pas donné de boire la ciguë. Il pouvait écrire sur les saints, écrire une vie de saint, exposer les doctrines, parler des mystiques, montrer les degrés, les nuances, les valeurs… Comme un bon peintre. Non, encore n’était-ce pas sûr. Mais souffrir d’une manière valable, autorisée… Peut-être qu’il aurait fallu croire ? Mais les théologiens nous enseignent que la foi est un don de Dieu ? Et quelle foi ? Les croyants qu’il avait vus lui avaient fait perdre la foi. Et pourtant, ce qu’il faisait maintenant, il lui semblait qu’il le faisait pour se sanctifier. Mais peut-on se sanctifier soi-même ? »

p. 717-718


Les Hauts-Quartiers, Paul Gadenne (1973)

Éditions Points, collection SIGNATURES. 800 pages.
ISBN : 978-2757836194

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close